Mesdames, messieurs, chers collègues,
Mes premiers mots seront pour saluer chacune et chacun d’entre vous, maire, adjointe, adjoint, conseillère et conseiller municipal délégués par sa commune, grande ou petite, pour la représenter au conseil de la nouvelle communauté d'agglomération. Je remercie Paul Court d'avoir, en sa qualité de doyen de l'assemblée, présidé cette installation.
Je remercie aussi celles et ceux qui par leur vote m'ont accordé leur confiance pour présider, c'est à dire animer et piloter cette nouvelle intercommunalité. Animer et piloter, ce qui veut dire également, si on se réfère à l'esprit des travaux des ateliers de propositions présidé par notre collègue Jean Louis David, écouter, recueillir des avis, partager, et le moment venu, arbitrer. Les remerciements qui vont vers vous sont chargés d'une émotion particulière. Parce que le moment est particulier. Non seulement nous allons, ensemble, écrire une nouvelle page de l'histoire de la coopération intercommunale dans le Roannais, mais cette nouvelle page sera la première d'un nouveau livre. Celui d'une intercommunalité dont le territoire épouse désormais davantage les contours d'un espace de vie, celui partagé par les Roannais dans leur vie quotidienne, dans leurs déplacements depuis leur domicile jusqu'à leur lieu de travail, celui du déplacement de leurs enfants pour aller étudier dans les lycées, à l'IUT, ou à l'Université, celui qui correspond aux équipements sportifs ou culturels qu'ils fréquentent. Cette page nouvelle prolonge les expériences de coopération intercommunale que les uns et les autres ont mises en œuvre au cours de ces dernières années. Les uns, dans le cadre du District de l'agglomération roannaise dont je salue le père fondateur, Jean Auroux, puis dans la cadre de la communauté d'agglomération présidée pendant 7 ans par Yves Nicolin ; les autres, dans le cadre des communautés de communes nées dans la décennie des années 90. L'histoire de l'intercommunalité est donc déjà riche d'expériences, de réussites.
C'est pourquoi, le premier objectif sera de poursuivre et renforcer le travail et les actions engagées par les uns et par les autres sur l'ensemble du nouveau territoire. Nous serons donc ensemble les garants de la continuité de l'action publique impulsée par les communautés qui ont précédé la nouvelle agglomération. Je proposerai à l'Exécutif qu'il se saisisse rapidement du dossier des actions culturelles d'initiative intercommunale conduites sur le territoire par les anciennes intercommunalités. C'est le cas, par exemple (mais ce n'est qu'un exemple parmi bien d'autres) des réalisations et des projets sur le site de la Cure à Saint Jean Saint Maurice, notamment le salon-exposition de la Biennale des bijoutiers qui participe à la diffusion des métiers d'art. Cette action qui est accompagnée d'une politique d'installation d'artisans associe de façon exemplaire le culturel et l'économique. Les acquis reconnus des politiques menées en direction de la jeunesse, le travail apprécié des sites de proximité, tout cela relève du bilan positif des intercommunalités et sera développé. L'agglomération devra aussi dans le meilleur délai examiner la question du devenir du site des Grands Murcins, se positionner sur la poursuite de la démarche de PAEN. En règle générale, il conviendra de faire rapidement l'inventaire des acquis et des potentiels à développer au bénéfice de tous, en conjuguant initiatives et talents.
Le deuxième principe qui s'impose est d'ouvrir à l'ensemble du périmètre l'offre de services jusque là limitée aux seules communautés qui en étaient les organisatrices. La nouvelle agglomération jouera ainsi pleinement son rôle d'outil d'action publique au service des habitants. Nous pensons tous au service des transports qui couvriront l'ensemble de l'agglomération. Sous des formes évidemment que l'assemblée que vous constituez devra définir. Jusqu'où prolonger des lignes régulières? Comment concevoir le service de transport à la demande ? Comment imaginer et faire fonctionner les lignes virtuelles, telles qu'elles existent dans des agglomérations comparables à la nôtre? Autant de sujets concrets sur lesquels la réflexion a été engagée par des collègues qui se sont intéressés à la question. D'évidence, cette réflexion devra très vite être élargie à toutes les communes et prolongée par des travaux de commissions qui éclaireront le choix de l'Exécutif et de l'assemblée.
Pour rester concret, je vais vous proposer un deuxième exemple de service existant à élargir à tout le périmètre. Il s'agit de l'accès des élèves de nos écoles primaires aux bassins nautiques pour l'apprentissage de la natation, conformément à la circulaire du Ministre. Tous les enfants des écoles des six communes de Roanne, Riorges, Mably, Le Coteau, Villerest et Commelle Vernay y ont un accès égal depuis les transferts de compétence de juin 2011. Ça fonctionne bien. Par souci d'équité entre communes, l'extension du dispositif à tout le territoire devra se faire. Les services l'ont anticipé en travaillant sur ce scénario. Mais ce sera à l'assemblée ici réunie, après instruction par la ou les commissions concernées, de définir les modalités d'application de cette politique.
Le renforcement des actions de développement économique sous toutes ses formes sera notre troisième principe et restera le pivot de notre action commune. C'est le cœur de notre « métier » si je peux l'exprimer ainsi. C’est une priorité dans un contexte territorial en pleine mutation, où des dynamiques puissantes se mettent en place à nos portes, dynamiques dans lesquelles nous avons vocation à aller puiser une nouvelle vitalité. La mise en service de nouveaux axes de circulation améliorant notre accessibilité, comme l'A 89 inaugurée samedi dernier, nous donne dans le même temps une formidable opportunité. Mettre à profit notre position de carrefour, à la porte Nord ouest de Rhône-Alpes est un formidable défi.
Pour relever de défi, il nous faudra poursuivre, renforcer, professionnaliser notre politique de filières et l'étendre à l'ensemble du territoire de la nouvelle agglomération. La filière numérique et ses développements, la filière agro-alimentaire, dont la composante viande peut fédérer les espaces ruraux et urbains, la filière bois, qui révèle les complémentarités entre ces mêmes espaces, les éco industries, la filière dé-construction de matériels roulants lourds peuvent concerner tout le territoire. L'économie sociale et solidaire ne connaît pas davantage de frontières. Ensemble, en partageant les acquis et les expériences, nous pouvons donner un élan supplémentaire à cette forme différente d'entrepreneuriat, qui colle bien à notre volonté de faire vivre une économie de proximité offrant emplois et services à nos habitants. Le même raisonnement vaut pour les actions locales en faveur de l'insertion par l'économique.
Quelles différences de fond y a-t-il entre les actions du dispositif d'actions locales pour l'insertion par l'économie et le travail reconnu dans tout Rhône-Alpes des sites de proximité ? Aucune sans doute.
Nous allons mobiliser tout le territoire pour une nouvelle phase de développement de l'enseignement supérieur et la recherche. Quelle chance pour le territoire d’accueillir des enseignements au-delà du baccalauréat, débouchant sur des diplômes qualifiants ! Et d’accueillir des activités de recherche ! Chance pour nos jeunes qui, bien sûr, au delà de la formation, voudraient que ces diplômes leur servent à travailler ici. Chance pour les entreprises, qui voient dans l'enseignement supérieur un véritable atout et participent à son essor. Chance pour nous élus du territoire de participer à cette aventure qu'est le développement universitaire en agglomération moyenne.
Nous allons exercer, dans un esprit de coopération entre le rural et l’urbain, la compétence nouvelle pour beaucoup d’entre nous du développement agricole et rural. C'est un secteur d'activité qui couvre un large domaine qui va de la politique foncière nécessaire à la préservation de l'espace agricole, à l'accompagnement des filières de production et le soutien aux projets de cultures biologiques, en recherchant la complémentarité entre production et consommation par un travail sur les circuits courts.
Rural et urbain peuvent et doivent construire et conduire des projets communs. Parce qu’ils sont complémentaires et aussi parce qu’ils vivent, par delà leurs différences, des situations semblables. La question de la revitalisation des centres-villes et des centre-bourgs s’y pose-exactement dans les mêmes termes ? Les questions posées sont dans les deux cas la transformation d’un habitat dégradé en logements confortables, le changement d’usage d'un bâti, la réorganisation de l'espace pour l'aérer, le rendre plus fonctionnel, plus accueillant aux commerces et services. Rebâtir sur eux mêmes centre ville ou centres bourgs, procède de la même logique. Et le sujet de la réduction des consommations d'énergie dans le parc privé comme dans le parc public est partout le même.
L'intercommunalité n'est pas une fin en soi. C'est un moyen au service d'un projet. Nous le savons tous pour l'avoir pratiquée : l'intercommunalité n'a de sens que si elle sert à réaliser des équipements, ou à organiser des services qu'une commune n'a plus la capacité de réaliser ou d'organiser seule. L'évolution de nos sociétés ; les attentes de nos concitoyens et des acteurs économiques et sociaux trop souvent oubliées, les conditions nouvelles d'accès aux ressources financières, les réorganisations territoriales autour de nous, tout cela renforce jour après jour le besoin de regroupement, de coopération, de mutualisation, la nécessité de mettre en commun, de faire ensemble. Le moment est donc venu de changer d'échelle pour mieux organiser cette coopération et rendre plus efficace encore la façon de faire ensemble. Le formulant ainsi, je réponds aux craintes exprimées de voir les communes constitutives de cette agglomération s'affaiblir, voire pour les plus inquiets, disparaître. L'agglomération nouvelle dont le nom vous sera présenté tout à l'heure est une communauté composée de communes, dont l'existence n'est en rien menacée, dont les maires, que je salue, conservent la plénitude de leurs prérogatives, dont les conseils municipaux gèrent en toute responsabilité les budgets communaux et les compétences qui n’ont pas été transférées comme c’était le cas dans les communautés précédentes. La nouvelle agglomération change l'échelle territoriale de la coopération, elle n'en change pas la nature. Ce qui était fait à 6, 7, ou un peu plus, eh! bien nous allons le faire à 40. Et ensemble nous serons plus forts !
Certes, notre territoire est vaste et plus divers. Les communes sont plus nombreuses. Les lignes directrices de notre action pour 2013, on vient de l’évoquer, établissent les fondations d’un projet de développement équilibré entre les différentes composantes territoriales de notre agglomération, C'est pourquoi notre gouvernance devra s'adapter en même temps au contexte et au projet. Ainsi, pour concrétiser nos engagements nous proposerons à votre assemblée de mettre en place une conférence des maires où chaque commune sera représentée, à égalité de droits et de devoirs avec toutes les autres. Ce sera une instance de dialogue et de régulation pour rechercher aussi loin que possible le consensus. Les communes seront le premier lieu d'information et de contact avec les habitants pour tous les sujets touchant à l'intercommunalité. Nous vous proposerons la création de conférences de territoire qui feront vivre la diversité territoriale et la proximité auxquelles nos concitoyens sont à juste titre attachés.
L'équipe de l'Exécutif y veillera. Je parle volontiers d'équipe car c’est, depuis des mois, l’esprit qui nous anime et nous réunit, de façon pragmatique, positive et constructive. Une équipe qui rassemble, ceux qui ont travaillé dans le cadre des ateliers de proposition, ceux qui n'ont pas travaillé dans ce cadre, ceux qui représentent l'espace urbain, ceux qui se reconnaissent dans le péri-urbain, ceux qui ont, chevillée au cœur, la sensibilité de la ruralité. Tous ont la même idée : servir leur territoire et ses habitants. Tous ont fait le libre choix de s'employer pleinement à la réussite du projet que désormais ils portent ensemble. Rien n'est plus fédérateur que le travail commun. Rien n'est plus fédérateur que de partager l'avenir car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Au moment où des perspectives nouvelles s’offrent à notre Roannais, la chance nous est donnée de pouvoir agir dans un cadre d'action plus efficace, ouvert sur l'extérieur et tourné résolument vers l'avenir. A nous d'en faire le meilleur usage !
Henri Ford, exprimait, au début du siècle précédent, une formule que nous pouvons faire nôtre, pour considérer avec optimisme à la fois le chemin déjà parcouru et celui qui est devant nous : « Se réunir c’est un début, rester ensemble c’est un progrès, travailler ensemble, c’est un succès ».
Au début de cette nouvelle année, avec les vœux que je vous adresse personnellement, c’est le souhait le plus ardent que je forme pour l’avenir de notre Roannais.
Christian AVOCAT
Roanne, le 25 janvier 2013
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